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 Faerie Fingers.

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MessageSujet: Faerie Fingers.   Lun 29 Sep - 20:27


Faerie Fingers.


A toutes les saisons de l'année, l'automne était la saison préférée de Roderick. Il y avait bien sur la pluie qui lui avait toujours rappelé la Vesdre, mais il y avait surtout le début du froid de l'hiver qui l'apaisait du trop chaud de l'été. Longeant sereinement le trottoir au sein de Manhattan, le Loup s'arrêta en voyant deux jeunes femmes parlaient et piaillaient autour d'une fourgonnette.
Le français resta silencieux quelque seconde, hésitant a priori à approcher et à les déranger. Il aurait pu partir, mais une des deux filles – jumelles – l’interpella, lui signifiant que le magasin était malgré tout ouvert.

Ne se faisant pas prier, Roderick adressa un signe de tête poli à celle qui restait dehors et entra dans la boutique. Son regard passa, curieux, sur tous les étalages qui déballaient leurs secrets et leurs trésors devant lui. Ses yeux étaient vifs et perçants, et s'il reconnut quelques fleurs et autres branchages, la plus part lui restait complètement inconnu.
Sa mère avait été, en son temps, une Lieuse de vie et de mort. Une sorcière pour ainsi dire. Il avait connaissance de quelques remèdes de grand-mère, de la vieille magie des plantes, mais sa condition de Loup ne l'avait jamais particulièrement poussé à être un sorcier aguerri. Pour ainsi dire, il n'avait pas d'affinité particulière avec la magie, se contentant de la ressentir autour de lui, sans jamais la manipuler.

Il n'attendait pas non plus de simples mortelles qu'elle sache la valeur inestimable de certaines plantes présentes sur ces étagères. Il n'attendait rien d'elles à vrai dire, si ce n'est quelques tiges de belladone, des racines d'aconit et de la mirabilis.
Il se posta naturellement près du comptoir, délassant son long manteau tout droit sortit d'un vieux roman du XIXème siècle, avec cette coupe toute française en feutre sombre.

Son regard céruléen se posa sur la jeune femme qui se présentait devant lui. C'est d'une voix calme et chaude qu'il se présenta, l'air aussi distingué que le voulait son sang : « Bonjour Miss, » un sourire teinta le visage du Loup « on m'a indiqué votre enseigne. Je cherche des articles un peu particulier. De la belladone, de l'aconit, de la mirabilis tout ce qu'il y a de plus simples, mais j'aurais besoin de doigts-de-fée, et ça, je sais que c'est problématique... »
Sur les quatre botanistes qu'il avait réussi à trouver à New York – un chinois, un africain et deux irlandais, aucun n'avait jamais entendu parler de doigts-de-fée. Contrairement à leur nom barbare, il ne s'agissait pas véritablement de doigts-de-fée, mais de petites fleur couleur d'or longue comme des phalanges d'enfants. Une fleur aussi rare que chère, inestimable de par sa beauté, mais surtout de pas son efficacité à soulager les douleurs les plus dures.
« Je comprendrais si vous n'avez pas. » Le sourire de Roderick était fin, calme. Son anglais n'avait aucun accent français, juste cette parfaite british touch.
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MessageSujet: Re: Faerie Fingers.   Mar 30 Sep - 19:30

Rhona regardait sa soeur faire, ficelée dans un élégant cardigan au tartan rouge automne et crème. Ce ne serait pas aujourd'hui qu'elles pourraient aller récupérer leur précieuse cargaison à JFK. Cela voudrait dire des charges supplémentaires à chaque jour de retard sur l'enlèvement. Quoiqu'il en soit, La Belle Verveine devait tourner. Avenante, comme toujours, Rhona invita un client potentiel à entrer dans la douillette boutique. L'herboristerie des jumelles dégageait ce petit je ne sais quoi avec ces tons de grège et de vieux rose, ses présentoirs en bois, ses bocaux aux mélanges curieux et colorés. Sur les tablettes des murs, ustensiles en cuivre briqués et instruments d'un autre âge faisaient la nique à quelques bibelots de porcelaine fine et autres planches naturalistes.

« En quoi puis-je vous aider ? »
« on m'a indiqué votre enseigne. Je cherche des articles un peu particulier. De la belladone, de l'aconit, de la mirabilis tout ce qu'il y a de plus simples, mais j'aurais besoin de doigts-de-fée, et ça, je sais que c'est problématique... »

L'avenante commerçante fronça les sourcils, soupçonneuse. La demande avait, il fallait le dire, de quoi intriguer. D'ordinaire, on venait à la Belle Verveine avec des symptômes, des envies, à la rigueur une ordonnance. On venait pour avoir un remède ou un diagnostic en clair. Pas pour acheter en vrac. Ou très rarement...

« Je comprendrais si vous n'avez pas. »
« Oh non ce n'est pas ça... », s'empressa-t-elle de démentir, « Simplement... je suis obligée de vous demander quel usage vous comptez faire de tout ça... »

Le regard de la fluette écossaise en disait long. Inutile d'essayer de lui mentir, elle, connaissait parfaitement les usages de chacun de ces produits et il y avait peu à parier que l'homme qu'elle avait en face d'elle fût un adepte de la médecine ayurvedique ou qu'il ait pu souffrir de la goutte, s'envisager chasseur de renard ou encore thaumaturge de la Rome antique...

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MessageSujet: Re: Faerie Fingers.   Mar 30 Sep - 21:35

La jeune femme devant lui était jolie. Par de nombreux aspects, elle lui faisait penser à un pissenlit, toute fluette et fragile qu'elle semblait être. Animée par certaines grâces, c'est avec un léger regard que le loup suivit du regard la demoiselle. C'était en lisant les mouvements des hommes que l'on pouvait en deviner une moitié de caractère. Le reste venait du choix des mots et des expressions du visage.

Du reste, la demoiselle semblait scrupuleuse à lui donner ce qu'il désirait sans poser de questions. Il aurait du s'en douter, et s'il ne s'y était pas vraiment préparé, c'était bien car il n'avait pas l'espoir de trouver des Doigts-de-fées ici non plus.
Roderick se passa une main forte dans sa barbe, la grattant d'un air calme. Il répondit finalement :

« Je ne savais pas qu'il fallait des raisons pour acheter de si jolies fleurs... et racines. » Le ton se voulait joueur, voir même léger pour un homme de sa stature et de son tempérament. Il sortit de sa poche un portefeuille épais, en cuir brun brodé d'un fil clair. Une fabrication artisanale et ancienne a priori. « J'ai de quoi payer, ne vous en faites pas. Je suis un habitué, et les prix à trop de zéros ne me font pas peur – surtout pas si vous avez des doigts-de-fées. »

Il ne pouvait consciemment pas dire qu'il en avait besoin pour faire des concoctions censés aider les nuits de pleine lune à être moins douloureuses pour les louves qu'il avait mordu ? Ni même que les doigts-de-fées étaient là pour soulager les douleurs de Neela qui s'était faite pourchasser à peine quelques jours plus tôt pour un chasseur un peu plus dangereux que la moyenne.
S'il pouvait dire tout ça, il n'en avait de toute façon pas envie.

Il détacha finalement un chèque de son portefeuille et le posa sur le comptoir. Sa main se glissa dans la poche avant de sa veste et il le signa aussitôt, sans prendre la peine de remplir chiffres et destinataire. Elle le ferait très bien toute seule, et il avait trop peu de dépenses pour trop de revenus pour se soucier de la fin de mois.
« En Chine, il existe un petit remède miracle qui vise à soulager les peines du corps, les douleur invisibles et les migraines nocturnes. C'est ce remède que je cherche à faire. » Un remède peu connu, visant surtout à soigner les douleurs lupines, annihilant par l'aconit les toxines lycanes, figeant le corps et les cellules par la belladone pour être finalement apaisé par l'effet de la mirabilis qui saisit au corps et l'endort. Rendant le plus féroce des lions aussi doux qu'un chaton – voilà le remède que Roderick cherchait, et il ne repartirait pas sans.
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MessageSujet: Re: Faerie Fingers.   Mer 1 Oct - 5:59

Rhona voyait bien qu'elle n'obtiendrait pas la réponse claire et honnête qu'elle voulait. Ce n'était pas les doigts de fée, ni la belladone, ni même l'innocente mirabilis qui la dérangeait. C'était surtout la mortelle aconit. Les rares fois où les jumelles en avaient vendu, elles avaient posé la condition d'une prise dans leur boutique ou l'avaient délivrée en dose infinitésimale dans des mélanges soigneusement étudiés.

« Je ne savais pas qu'il fallait des raisons pour acheter de si jolies fleurs... et racines. J'ai de quoi payer, ne vous en faites pas. Je suis un habitué, et les prix à trop de zéros ne me font pas peur – surtout pas si vous avez des doigts-de-fées. »
« Les doigts de fée ne sont pas un problème. Ni l'argent d'ailleurs. L'aconit en revanche... c'est une plante qui peut s'avérer extrêmement dangereuse. Autant que possible, j'aimerai mieux vous orienter vers des substituts tout aussi efficaces... »

Mais son petit doigt de sorcière lui disait qu'il était venu pour quelque chose de bien précis. Elle avait un don pour détecter les esprits opiniâtre. Ou peut-être qu'elle les attirait tout simplement.

Voilà que l'homme sortait un chéquier et commençait à le remplir sans en compléter le montant. Bien sûr, l'herboriste n'entendait pas se laisser acheter, même avec une ribambelle de zéro. Elle avait un minimum de conscience professionnelle figurez-vous.

« En Chine, il existe un petit remède miracle qui vise à soulager les peines du corps, les douleur invisibles et les migraines nocturnes. C'est ce remède que je cherche à faire. »
« Si ce n'est que ça ne saurait que trop insister. Il y a des réponses moins mortels que l'aconit pour ce genre de problème. Parlez moi des symptômes à traiter plus précisément ... », insista-t-elle.

Pour l'homme, l'aconit était plus un poison qu'un remède. Il n'y avait guère qu'aux sorciers qu'elle en aurait vendu avec insouciance. Et encore. Elle posa la main sur le chèque pour le repousser vers lui sur le comptoir.

Précisément, à ce moment-là sur le trottoir, Blair mettait un grand coup de pied dans le garde-boue de la camionnette. Rhona sentit un éclair de douleur lui remonter depuis le gros orteil. Ca ne dura qu'une fraction de seconde mais pendant cette fraction de seconde, la demoiselle crispée derrière la banque vira pâle comme un linge. Elle se pencha, demandant d'un geste à son client de l'excuser, pour regarder ce qu'il advenait de sa soeur, puis reporta tout aussitôt son attention sur l'homme :

« Vous n'avez rien a y perdre, je vous assure ... » Un peu de temps peut-être. « Et j'ai besoin de savoir parce que toutes les parties d'une même plante n'ont pas les mêmes indications... »

Comment le convaincre ?

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MessageSujet: Re: Faerie Fingers.   Mer 1 Oct - 21:25

« L'aconit n'est un problème que pour ceux qui ne savent pas s'en servir. Pour ceux qui savent s'en servir, toute plante est dangereuse. » Un sourire amusé et sympathique patina le visage fin du Loup. Roderick comprenait pourtant, à force d'insistance, qu'elle ne le laisserait pas partir avec son histoire de remède miracle et qu'il devrait bien arriver, tôt ou tard, à soit la forcer à lui donner, soit la convaincre du bien fondé de ses desseins. Étaient-ils vraiment bons ?

Le Loup doutait qu'un simple esprit humain pouvait y entendre quoi que soit... bien souvent, ces esprits là étaient limités, tant par le temps que par la compréhension. De trop simples esprits dont on infligeait leur présence que temporairement au monde – fort heureusement !
Les choses étaient déjà différentes pour les sorcières dont la vie, quoi qu'elle fut tout aussi courte, leur permettait de sentir les choses, de les vivre et d'en apprécier tous les aspects à divers degrés sans avoir la possibilité d'en embrasser l'éternité.

« De symptômes à traiter... Vous n'imaginez pas vraiment... » La transformation en loup-garou comptait elle comme un symptôme à lui tout seul ? Roderick s'accouda finalement contre le comptoir, passant sa main libre sur son visage, comme pour l'essuyer d'une sueur invisible. Son regard céruléen observa avec quelle sérieux elle repoussait le chèque ; son air se crispa légèrement. « Écoutez... »

Un grand bruit tonna derrière le Loup qui se retourna aussitôt, un frisson remontant le long de son épine dorsale. Le bruit avait été si soudain que ses pupilles s'agrandirent comme deux soucoupes magnifiques et sombres comme le jais. Quand il comprit d'où cela venait, Roderick reposa son regard bleu ciel sur la jeune femme qui semblait elle aussi souffrir, mais pour d'autres raisons qui échapper au Loup.
Le français haussa un sourcil, intrigué, mais bien vite son esprit se recentra sur le difficile sujet que la blondine ne voulait avaler. Ah ! Ces gens précautionneux, comme il les haïssait !

Finalement, inspirant profondément, le Loup se pencha en avant, comme pour se rapprocher de la jeune femme, et soutenant son regard, murmura : « Si je vous le disais, vous ne me croirais pas. J'en ai besoin. Pour moi avant tout. C'est une recette bien compliquée, toute droit venue de France. A moins que vous n'ayez quelque chose de magique dans les mains, je doute même que vous en seriez à moitié capable de la faire. » Une ultime provocation ?
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MessageSujet: Re: Faerie Fingers.   Dim 5 Oct - 20:26

« L'aconit n'est un problème que pour ceux qui ne savent pas s'en servir. Pour ceux qui savent s'en servir, toute plante est dangereuse. »

La remarque était fort à propos mais pour autant, cela ne suffisait pas à convaincre Rhona. Même ceux qui savaient s'en servir évitaient, à raison, de le faire. L'aconit, traîtresse, comme certains l'appelaient n'était pas n'importe quel poison. Mais cet homme semblait faire fi de tout cela. Dans le même temps il semblait clairement savoir où il menait sa barque. Une chose était sûre, il y avait quelque chose de pas net là dessous.

« Si je vous le disais, vous ne me croiriez pas.»
« Essayez toujours... », insistait la jeune herboriste en plongeant ces yeux gris dans ceux de son interlocuteur comme pour mieux le convaincre de sa bonne foi.
« J'en ai besoin. Pour moi avant tout. C'est une recette bien compliquée, toute droit venue de France. A moins que vous n'ayez quelque chose de magique dans les mains, je doute même que vous en seriez à moitié capable de la faire. »

Rhona marqua une pause. Était-ce une simple coïncidence ou bien devait-elle prendre ça comme une remarque tout à fait à propos ? Un ange passa, laissant la demoiselle presque confuse.

« Je ne peux pas vous aidez si vous refuser de vous ouvrir. Navrée. Si c'est l'inexpérience qui vous retient laissez moi au moins une chance de vous démontrer que vous vous trompez. Après tout vous n'avez rien à perdre non ? »

Puisqu'elle avait refusé son chèque, il n'avait effectivement rien à perdre et si, par malheur il acceptait de lui parler de cette fameuse recette, il n'y aurait plus rien ou presque qu'il pourrait lui cacher de ses projets. Elle serait alors totalement libre de décider ou non de conclure cette vente... et entre nous, il n'y avait que fort peu de chance qu'elle échoue à la préparation d'une recette si ancienne fût-elle...

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MessageSujet: Re: Faerie Fingers.   Lun 6 Oct - 21:54

Toujours aussi farouche, toujours aussi têtue. C'était bien la première fois qu'il rencontrait un être humain aussi scrupuleux. D'ailleurs, aucun être humain mortel, « normal », était aussi scrupuleux. Elle devait savoir quelle était la véritable valeur d'une jolie fleur d'aconit. Elle n'était donc pas aussi cruche que pouvait le laisser croire le clair de ses mèches de cheveux.

Roderick se passa une main forte sous le menton, semblant hésiter. Qu'elle pourrait être la réaction d'une humaine à l'entendre dire qu'il était un loup-garou ? Elle le prendrait sans doute pour un fou. Ce ne serait pas la première fois.
Semblant peser le pour et le contre, le français pris quelques instants de plus, fixant droit dans les yeux la jeune femme. Au bout d'un moment, ses yeux s'éclaircirent comme si le nuage confus de ses pensées venait d'être percé d'une idée brillante, ou mieux, d'une décision.

Le Loup se redressa finalement, enfonçant sa main dans sa poche. « On ne se moque pas, d'accord ? Si vous vous moquez, je serais obligé de vous punir, car il n'y a que les enfants qui se moquent. »
Il sortit finalement un papier plié en huit qu'il se mit à déplier avec beaucoup de précaution. Le papier était parcheminé et ancien, jauni un peu partout, noirci aux carres. Il avait traversé les âges avec le loup.

Écrit en français, on y voyait des cercles, des mesures, des dessins des fleurs demandées. C'aurait été compréhensible de n'importe quel botaniste car même à l'époque, les fleurs portaient déjà leur nom latin, et les unités de mesure n'avaient qu'à très peu changés.
Pour Roderick, et malgré l'habitude, il y avait toujours un côté mystique dans ces écritures.
« Ça appartenait à une de mes ancêtres. Elle était française. Elle a laissé ça derrière elle, et j'ai cette curiosité toute particulière qui me pousse à vouloir savoir ce qu'elle fait. »
Oh, bien sûr il savait, mais il valait mieux passer pour bête que pour trop malin.

Le Loup eut un petit sourire en coin, penchant la tête. Son regard clair dardait la jeune femme, lisant son visage comme pour y dénicher quelque chose de secret.
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MessageSujet: Re: Faerie Fingers.   Dim 12 Oct - 7:05

« On ne se moque pas, d'accord ? Si vous vous moquez, je serais obligé de vous punir, car il n'y a que les enfants qui se moquent. »

Voillà une remarque qui rendait déjà l'homme plus sympathique. Il n'en fallait pas beaucoup à Rhona de toute façon. Juste un peu de bonne volonté. Une petite moue amusée passa en éclaircie sur le visage de l'herboriste.

« Oh je n'ai jamais eu peur du grand méchant loup vous savez... mais je ne suis pas moqueuse. »

L'homme glissa la main dans l'une de ses poches pour en ressortir un petit carré de papier soigneusement plié. Il ne fallut qu'un regard à Rhona pour s'apercevoir que le précieux billet était hors d'âge. Aussitôt ses yeux s'illuminèrent. Si seulement elle avait pu partager ça avec sa soeur. Un regard à travers la vitrine la détourna aussitôt de l'idée. Elle lui raconterait plus tard. Pour Rhona, il n'y avait pas simplement un bout de vieux parchemin sur le comptoir, il y avait comme le début d'une aventure palpitante. Les enjambements graciles des lettres, l'encre vieillie, le papier limé par le temps et les figures naturalistes étaient pures merveilles. Un vrai trésor.

« Ça appartenait à une de mes ancêtres. Elle était française. Elle a laissé ça derrière elle, et j'ai cette curiosité toute particulière qui me pousse à vouloir savoir ce qu'elle fait. »
« C'est une très belle planche, continuez de la garder précieusement... Quant à ce que faisait votre ancêtre... honnêtement les dosages sont... il y a de quoi tuer un cheval là-dedans ou - »

Ses yeux quittèrent brusquement le parchemin pour épingler son propriétaire... Il lui revenait en tête tous ces contes que sa mère et son arrière-grand tante Maighread leur avaient dit au coin du feu. Des contes mais aussi des vérités. Après tout, personne n'avait réellement cru en l'existence des vampires jusqu'à ce qu'à ce qu'Emir vienne ruiner le mariage de sa tante Siobhán... son oncle Emir d'ailleurs. Cela donnait voie à une certaine... ouverture d'esprit disons.

« Vous êtes quelqu'un d'ouvert ? », demanda-t-elle en guise d'avertissement.

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MessageSujet: Re: Faerie Fingers.   Lun 13 Oct - 18:17

Un petit sourire carnassier se dessina sur le visage du Loup à l'entendre ainsi citer le « grand méchant loup ». Bien des années auparavant, alors que ce conte prenait dans les campagnes françaises toute sa signification et sa puissance, il avait parfois entendu de bons pères de famille tentaient vainement de protéger leur jolie progéniture contre ce fameux Monstre des bois.

A l'époque, on parlait de Loup – aujourd'hui, on cachait le Monstre sous couvert de psychologie derrière le masque d'un dérangé. Il n'en avait pas toujours été le cas. Avant, le Loup était véritable. Et parfois même, le Loup s'était appelé Roderick de Vallombreuse...

« Vous devriez vous méfier. Tous les hommes ont un loup caché dans le cœur, mademoiselle. Certains plus que d'autres.. »

Son sourire se fit plus fin, subtile. Il lui tendit finalement le parchemin avec cette fine mise en bouche, et attendit qu'elle en sache davantage. Il n'y avait qu'à voir la centaine d'étoiles dans ses yeux pour comprendre qu'elle savait de quoi il s'agissait, et encore plus pour déchiffrer l'horrible écriture – quoi que langoureuse – de la terrible Belissante.

Il récupéra doucement le papier, le plia et le rangea délicatement dans sa poche avant de se pencher en avant, l’œil brillant d'une nouvelle lueur intéressée. Il pencha la tête sur le côté, comme un chien l'aurait fait, et lui donna toute l'attention qu'il était capable de donner.

« Plutôt. J'ai vu bien des choses dans ma longue vie... Je vous écoute. »

Ses lèvres pointèrent en un sourire diablement amusé par ce qui se tramait autour de ce comptoir, sans savoir si ce serait une bonne ou une mauvaise nouvelle.
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MessageSujet: Re: Faerie Fingers.   Dim 26 Oct - 9:51

« Vous devriez vous méfier. Tous les hommes ont un loup caché dans le cœur, mademoiselle. Certains plus que d'autres.. »

Elle était bien placée pour le savoir. Les hommes n'avaient jamais été son fort. Même si avec Mike elle n'avait à se plaindre de rien ou presque, elle restait inexplicablement méfiante comme si elle s'attendait à ce que les choses tournent au vinaigre d'un moment à l'autre.

« Ne vous en faites pas pour moi...  », répondit-elle simplement alors que son attention avait déjà glissée toute entière sur le billet que l'homme avait tiré de sa veste.

Il ne lui fallut guère de temps pour élaborer une ou deux théorie sur l'auteur de cette notice mais elle n'était pas vraiment sûre qu'il soit opportun de les partager. L'idée n'était pas de décrédibiliser La Belle Verveine avec des histoires à dormir debout.

« Vous êtes quelqu'un d'ouvert ? », se renseigna-t-elle.

Mieux valait tâter le terrain avant de se lancer.

« Plutôt. J'ai vu bien des choses dans ma longue vie... Je vous écoute. »

Longue vie ? Le qualificatif fit tiquer l'herboriste. L'homme paraissait trente en tout au plus quarante mais ça n'aurait pas été la première fois qu'elle se trompait là-dessus. Après tout, il y en avait quelques uns dans la famille qui ne faisait pas leur âge non plus... Mais peut-être qu'elle s'emballait pour rien. Il avait tout aussi bien pu ne rien sous entendre.

« D'après ce que j'ai pu voir - je ne suis pas historienne - mais je dirais que cette notice remonte au minimum au siècle dernier si ce n'est plus. », elle avait à peine commencé mais on pouvait déjà lire dans son regard toute l'excitation qui l'animait. Elle se sentait presque comme un Sherlock des temps modernes... il ne lui en fallait pas beaucoup... « On pourrait croire que l'ingrédient clé c'est les doigts de fée mais en fait c'est l'aconit aussi connu sous le nom de tue-loup. Durant le Moyen-Age et bien après on l'utilisait pour tuer les renards et les loups... garous. »

Ne rentre pas la tête dans les épaules Rhona... il va vraiment te prendre pour une illuminée...

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MessageSujet: Re: Faerie Fingers.   Dim 16 Nov - 16:58

Le Loup écouta attentivement la jeune femme parlait. Son regard clair la détaillait soigneusement alors qu'elle lui révélait sa théorie autour du précieux billet de sa mère. La Lieuse de Vendée – la belle Belissante – n'avait rien pu faire pour la première morsure de son fils.
Quand il lui avait ramené un soir une femme en sang, elle s'était odieusement fâchée. Elle n'avait rien dit. Elle avait juste eu ce regard, triste et peiné, celui qui sait qu'il ne peut plus rien faire mais ne peut s'empêcher d'être affligé.
Roderick s'en était voulu – atrocement. S'il y avait bien une journée qu'il aurait aimé oublier, c'était bien celle de sa première chasse en forêt, à l'âge de quinze ans, où le sang et la pleine lune avaient libérés la bête en lui. Une victime avait payé les pots cassés de son inconscience.
Deux semaines plus tard, Belissante n'avait rien pu faire d'autre que de faire en sorte qu'elle ne soit pas, elle aussi, un danger pour eux tous.

« C'est en effet censé tuer » reprit Roderick d'un air calme, sur le même ton que la jeune femme « mais celle qui a fait cette potion ne voulait pas faire de mal. Ni aux renards, ni aux loups. Elle n'était pas méchante. Elle n'aurait pas fait de mal à une mouche, pour tout dire... »
Un sourire tendre s'inscrivit sur le visage du Loup. Il se rappelait la caresse de sa main sur sa tête, et les nombreuses fois où elle lui avait juré qu'il n'était pas un monstre, qu'il n'était pas comme son père, qu'il était magnifique. Il l'avait cru, de toute son âme, de tout son cœur. Mais il s'était très vite rendu à l'évidence : il était un monstre. Il était plus que ça, même.
« Ma mère » finit-il par prononcer, sur un ton simple « a écrit ce papier pour garder une trace de la plus adorable de ses potions. Il s'agit d'une concoction intéressante, et unique, qui permet de calmer l'âme des loups les soirs de pleine lune. Qui la boit ne connaît plus la soif de sang ni la colère animale.... »

Il y eut un petit silence alors. Il avait parlé sans réfléchir. Être pris pour un fou, ce n'était pas vraiment ce qui le dérangeait. On le prenait déjà très largement pour un fou. Les historiens étaient assurés de détenir la vérité, mais il n'y avait que lui qui avait vécu les années décrites, et ses yeux se souvenaient encore de toutes les particularités des époques qu'il avait traversé. Toutes étaient écrites noir sur blanc, dans des petits carnets de voyage, pour lui qui avait toujours l'âme au voyage.
Roderick se racla délicatement la gorge et se redressa finalement, l'air calme.

« Le seul ingrédient qu'il manque sur cette feuille, c'est un cheveu du Loup alpha de celui qui doit boire cette potion. » Son regard se fit défiant. Peut-être que cette jeune fille était une illuminée pensant que la Wicca était la magie telle qu'elle existait ci-bas, ou mieux, une fée – elle était fortement jolie alors elle pouvait bien être une fée : « Si je vous donne un de mes cheveux, vous pourriez m'en faire une alors ? »
Il avait l'air sérieux, bien trop pour rire.
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